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A.G.A.S.M. |
Baptême de l'USS New
Hampshire, cinquième SNA de la "classe Virginia"
Le North Carolina, de la classe
Virginia
crédits : NORTHROP GRUMMAN
24/06/2008
Le
sous-marin nucléaire d'attaque New Hampshire (SSN-778), destiné à l'US Navy, a
été baptisé samedi dernier aux chantiers General Dynamics de Groton, dans le
Connecticut. C'est la veuve de l'une des victimes du World Trade Center, en
2001, qui a été invitée à lancer la traditionnelle bouteille de champagne.
Cinquième unité de la classe Virginia, le New Hampshire doit être livré l'an
prochain à la marine américaine. Long de 114.9 mètres pour un déplacement de
7800 tonnes en plongée, ce SNA pourra embarquer 12 missiles de croisière
Tomahawk, ainsi que 26 torpilles et missiles antinavire. Armés par un équipage
de 120 hommes et pouvant embarquer des commandos et leur matériel, les Virginia
atteignent 34 noeuds en plongée. La tête de série du programme a été mise en
service en 2004 et le dernier des 10 sous-marins pour le moment commandés doit
entrer en flotte en 2014. Cinq autres sont prévus, la Navy souhaitant
initialement voir cette classe compter 30 exemplaires. En raison des
restrictions budgétaires, notamment liées à la guerre en Irak, la série
pourrait être limitée à 10. Selon l'édition 2008 de Flottes de Combat, l'US
Navy étudie la possibilité de construire une nouvelle classe de SNA deux fois
plus petits (programme Tango Bravo) afin de compenser la réduction du nombre de
Virginia.
Mai 2006.
Le
sous-marin nucléaire américain
USS
Virginia (SSN 774)


USS
Virginia, le dernier-né des sous-marins nucléaires américains, est conçu pour
répondre aux nouveaux besoins stratégiques et utilise les technologies les plus
avancées.
Ce document
s'intéresse à l'histoire militaire, aux secrets technologiques et à
l'ingénierie qui ont mené à la naissance du premier grand sous-marin bâti
depuis la fin de la Guerre Froide.
Adapté au
21ème siècle, l'USS Virginia peut lancer des missiles Tomahawk, débarquer des
commandos de marines, ou espionner les eaux côtières peu profondes.
C'est donc un
élément essentiel de la sécurité nationale américaine.
INTRODUCTION
Voici
l’avenir de la guerre sous-marine imaginée par les États Unis : l’USS VIRGINIA.
Équipé du
dernier cri en matière de haute technologie, il peut se glisser furtivement au
ras d’une côte, pour écouter et observer un ennemi sans se faire repérer. Tout
en étant prêt à frapper avec une force destructrice.
Ce sous
marin hors du commun, est le premier d’une classe nouvelle : la
classe "Virginia".
L’USS
Virginia dispose de capacitées incroyables, c’est le sous marin le plus évolué
et le plus polyvalent au monde.
Un membre de l’équipage dit en souriant:
"on le considère comme la Ferrari des
sous-marins…".
Son équipage
se compose des meilleurs sous mariniers américains, car ils sont à bord du
submersible le plus complexe du monde et c’est une arme redoutable.
Il peut
attaquer des navires de surface, grâce à des torpilles ou encore lancer
ses missiles de croisière à 1600 km à l’intérieur des terres avec une précision
diabolique.
Et pour
échapper à ses adversaires il peut plonger jusqu’à des profondeurs inédites.
Mais ce qui
le place dans une catégorie à part, ce sont ses étonnants talents d’espion, qui
lui valent le surnom de "grandes oreilles".
En effet il
dispose de capteurs les plus sensibles jamais installés sur un sous marin de
l’US Navy.
Il voit et
entend mieux que n’importe quel autre submersible américain.
Mais le
Virginia doit s’approcher au plus près de ses adversaires potentiels, vraiment
très près…
Et il y
parvient, entre autre, grâce à un système de navigation automatisé
révolutionnaire, qui lui permet de se faufiler dans les eaux peu profondes,
pour atteindre des coordonnées très précises…

Capitaine David J. KERN (former captain USS Virginia)
:
"Avec le Virginia, il faut savoir
quelle vitesse minimale on peut atteindre, comment diriger un engin de 8000
tonnes près des côtes au ras du fond et si on peut avancer centimètre par
centimètre…"
A l’instar
d’un chasseur furtif, il est quasiment indétectable, mais contrairement à un
avion, il peut rester immobile sous l’eau, jusqu’à trois mois d’affilé au
besoin.
Grâce à
cette discrétion hors du commun, sa capacité de collecte de renseignements est
inégalable.
Mais il peut
également assurer le déploiement de force d’élite, comme les Navy Seal.
Ses
capacités multi rôles font de lui le fleuron de la Marine.
Affichant un
poids de 7100 tonnes, (7.700 tonnes en plongée). le Virginia est une créature
marine absolument gigantesque.
Ce monstre
mesure 115 mètres de longueur. Le diamètre de sa coque est en moyenne
de 10 mètres. Sa vitesse en plongée : supérieure à 25 noeuds (maxi
: 32 à 34 nds ?). Son immersion maximale : supérieure à 240 mètres - 800 pieds. (maxi : 500
m ?).
Comment un
tel engin peut-il se déplacer sans effort sous les vagues ?
Sa
propulsion est assurée par un réacteur nucléaire (1 réacteur à eau pressurisée
: SG9 Général Electric d'environ 30 mégawatts).
La
conception et le fonctionnement de ce dernier sont "top secret", mais
ce qui est sûr c’est qu’il dispose d’une puissance de propulsion de 40 000 cv.
La chaleur
dégagée par la fission nucléaire transforme l’eau en vapeur, qui une fois
fortement comprimée, actionne des turbo-alternateur produisant l'énergie
électrique. Un moteur électrique de propulsion entraîne l’hélice.
Le réacteur
répond également à tous les besoins en électricité.
Qui plus
est, il a une espérance de vie de trente ans.
En clair,
cela signifie que le Virginia peut fonctionner pendant trois décennies, sans
avoir à "refaire le plein", c’est le double de fonctionnement des
réacteurs nucléaires équipant les autres sous marins d’attaques américains.
Aujourd’hui,
l’USS Virginia incarne l’image même de la réussite…
Mais il y a
une dizaine d’année, son avenir, comme celui de l’ensemble de la flotte des
sous marins, était des plus incertains !…
L’US Navy
dispose de deux grandes catégories de sous marins :
- la
première regroupe les sous marins nucléaires lanceurs d’engins balistiques dont
l’unique mission stratégique est d’emporter des missiles nucléaires
susceptibles d’être tirés contre n’importe quel objectif dans le monde.
- la seconde
ce sont les sous-marins nucléaires d’attaques, conçus pour être rapides
et silencieux, couler des navires de surfaces, tirer des missiles de
croisière et collecter des renseignements.
Avant le
Virginia, le nec plus ultra des sous marins d’attaque, c’était la classe Sea
Wolf.
Le coût de
conception et de fabrication du premier submersible de cette classe fut de 5
milliards de dollars.
Il avait été
mis au point au plus fort de la guerre froide en vue de bataille à grande
profondeur contre la puissante marine soviétique.
Mais au
début des années 1990, le contexte politique bascule presque du jour au
lendemain, l’Union Soviétique s’effondre.
Le vieux
rival des États-Unis n’est plus, la course aux armes onéreuses entre les deux
super puissances n’a plus lieu d’être et dans ce nouveau meilleur des mondes,
la réduction des budgets de la défense est inévitable.
Les trois
armes sont alors la cible de coupes sombres et les sous marins comme ceux de la
classe Sea Wolf se retrouvent tout simplement bon à mettre au rebut.
Mais au
cours de la décennie 90, les États Unis se découvrent de nouveaux ennemis.
L’émergence
de petits groupes terroristes imposent une révision des dépenses militaires.

Cmdr Todd W. CRAMER (Commander USS Virginia) :
"Si vous réalisez les menaces
auxquelles nous avons à faire aujourd’hui, vous constatez qu’elles émanent de
petits pays du tiers monde chez qui nous devons amener la bataille. Nous devons
préparer le théâtre des opérations autour de leurs côtes".
Quel est
l’intérêt d’une marine surdimensionnée, face à des groupes terroristes
dépourvus de navire de guerre ?
Pourquoi les
États-Unis auraient-ils besoins du sous marin ?
Bonnes
questions !…
Elles ont
d’ailleurs été débattues au plus haut niveau au début des années 90.
Dans un
monde sans cesse plus complexe, les armées doivent toujours être mieux
informées des faits et gestes de l’ennemi.
Mais les
États-Unis disposent déjà d’avions et de satellites espions sophistiqués, qui
observent tout à plusieurs kilomètres d’altitude, de troupe de reconnaissance
au sol et d’un réseau d’espionnage de qualité.
Dans ce cas
qu’est-ce qu’un sous marin peut offrir ?…
Beaucoup de
choses !…
L’US Navy
sait que si elle parvient à maîtriser des technologies nouvelles encore
inutilisées : un sous marin pourra stationner en eau peu profonde en restant
dissimulé et discret. Qui plus est, ce super espion pourrait y rester des
semaines voire des mois.
Si un sous
marin pouvait écouter l’ennemi en restant près de ses côtes, il constituerait
un atout important.
Aussi en
1995, le Sénat et la chambre des représentants se mettent d’accord sur la
construction d’une nouvelle classe de sous marin d’attaque.
La Marine,
elle, impose un cahier des charges rigoureux.
Ces
submersibles devront jouer les espions et rester en eau peu profonde avec
précision et une fois sur place, ils devront rester immobiles plusieurs jours
d’affilés, quelque soit les courants et les marées...
Ils devront
en cas de besoin tirer des armes de haute technologie contre un ennemi, ils
devront déployer des forces spéciales comme les Navy Seal, enfin, ils devront
disposer de capacités furtives afin de pouvoir disparaître sous l’eau, et
ceci jusqu’à trois mois d’affilé.
Les
exigences ne manquent donc pas, mais en plus les concepteurs disposent d’un an
de moins que pour construire un Sea Wolf et, cerise sur le gâteau, il devra
coûter 20% moins cher !…
Vu ces
contraintes beaucoup pense que le défi est… quasiment impossible à
relever.

WILL LENNON (USS Virginia Program director) :
"La réaction est toujours la même !…
Comment va-t-on y arriver, c’est du jamais vu !…"
Si l’US Navy
réussit ce pari, elle ajoutera une arme de choix à son arsenal, mais en cas
d’échec ce sont tous ses sous marins qui seront remis en question.
Mais la
Maison Blanche a tranché et c’est le prix à payer pour répondre à la
menace croissante que représente les groupes terroristes à travers le monde.
La Marine
est convaincu que les "Bêtes Noires" comme ont les surnomme, ont
un rôle à jouer dans la guerre urbaine, c’est donc à elle de relever le défi en
construisant cette nouvelle classe de sous marin.
Ils devront
être à la fois plus imposants, plus performants, plus discrets et plus
redoutables, que leurs prédécesseurs de classe Sea Wolf.
Autant dire
que le défi s’annonce des plus difficile à relever, un véritable challenge.
La Navy
décide de confier la conception à un sous traitant qu’elle connaît bien :
Electric Boat, basé dans le Connecticut.
Cette
société a obtenue ses lettres de noblesse en fabricant depuis plus d’un siècle
des navires et des sous marins pour la marine américaine.
Elle a
produit son premier submersible, l’USS Holland en 1900. Il a révolutionné l’US
Navy et inauguré plus d’un siècle de contrat de sous marins.
Le savoir
faire de l’Entreprise est sans égal, mais certains responsables craignent que
ce nouveau défi soit tout simplement impossible à relever.
Malgré tout,
Electric Boat finit par accepter de concevoir et construire le premier sous
marin de classe Virginia.
Mais pour y
parvenir en dépensant moins d’argent que pour le Sea Wolf, il va falloir
révolutionner la façon de travailler !…
LA CONCEPTION
En
commençant par le papier et le bois, par le passé on aurait dessiner des plans.

JOHN SEDOR (schip’s manadger USS Hawaii) :
"Les classes de sous marins
précédentes avaient été fabriqués comme n’importe quel autre projet de
construction de grande ampleur, avec des dessins en deux dimensions, des plans
d‘ensemble…".
Le problème
de cette démarche, c’est que les concepteurs ne peuvent pas toujours consulter
les plans de leurs collègues.
Si deux
ingénieurs travaillant dans des départements différents et utilisent un même
volume sans le savoir, cela entraîne des retards interminables et coûteux.
Compte tenu
des limites de délais et de budget, il n’y a pas la place pour des erreurs de
ce genre qui risqueraient de torpiller le projet avant même qu’il ait commencé
et du même coup sonner le glas du nouveau sous marin.
La solution
: la conception assistée par ordinateur (C.A.O.).
L’avantage,
c’est que l’ensemble de la maquette peut être visualisée en trois dimensions et
que chaque département peut en quelques clics voir ce que les autres font.
Si ça
marche, ça permettra à Electric Boat d’économiser une fortune et de concevoir
un sous marin plus efficace.
En cas
d’échec en revanche, cela signifie que ce sous marin est condamné dès le départ
!…
Le PDG de la
Société décide finalement de courir le risque.

BILL GUISTINI (Electrical désigner, Electric Boat) :
"Il nous a retiré tous nos plans et
nous a dit : OK, on passe sur ordinateur".
Avant le
Virginia, à l’époque ou les sous marins étaient conçus sur papier, on
construisait aussi une maquette en bois (échelle 1), pour s’assurer que tout
tenait bien à bord.
Grâce à
l’informatique, on peut s’affranchir de cette étape, tous les tests se faisant
directement sur l’écran.
C’est la
première fois qu’un sous marin de l’US Navy est entièrement conçu par
ordinateur.
Le programme
qui permet de travailler ainsi a déjà fait ses preuves.
Baptisé
"Katia" , il a été utilisé avec succès pour la conception
d’avions de la société Boeing.
Mais d’après
Electric Boat il y a suffisamment de point commun entre le fuselage d’un avion
et la coque d’un sous marin pour qu’on l’utilise.
Ce nouveau
pari s’avère lui aussi payant.
Tous les
concepteurs ont accès à la maquette en trois dimensions, ce qui leur permet de
travailler dans le même espace virtuel, au même moment.
Ils peuvent
donc consulter tous les plans pour s’assurer que les leurs, ne gênent en rien
ceux de leurs collègues…

BILL GUISTINI (Electrical désigner, Electric Boat) :
"Le responsable de la tuyauterie fait
courir ses conduites, moi mes câbles et on peut repérer les interférences
éventuelles au quotidien".
… Chaque
élément du bateau est étudié pour un rendement optimum et un coût minimum.
Bâtir un
sous marin sur ordinateur semble être la méthode idéale pour tester les
systèmes embarqués.
Mais le défi
suivant consiste à aménager suffisamment d’espace pour les ouvriers qui vont en
avoir besoin lors de la fabrication (montage) et pour les sous mariniers
qui vont vivre et travailler à bord.
Pour
s’assurer qu’ils ne manqueront pas de place, les concepteurs font appel à un
petit bonhomme : "Ergoman".
C’est une
image, générée par ordinateur, d’un être humain.
Disponible
en trois tailles virtuelles, 1,70 m, 1,80 m, et 1,90 m. "Ergoman"
est capable de reproduire n’importe quel mouvement effectué par l’homme, mais
lorsque l’on sort des limites ergonomiques acceptables et que le mouvement
demandé devient humainement impossible, Ergoman le fait savoir aux concepteurs
en devenant "rouge
de colère", à eux
ensuite de rectifier le tir.
Cette
technologie révolutionnaire, peut faire économiser des millions en révisions
ultérieures et elle permet de s’assurer que l’équipage travaillera au mieux de
ses capacités.
La
conception assistée par ordinateur apporte une aide non négligeable dans un
autre domaine.
La
physionomie de la guerre de demain est incertaine, pour y faire face ce sous
marin doit s’adapter à de nombreuses situations et pouvoir intégrer rapidement
des technologies nouvelles.
Pour obtenir
cette adaptabilité, les ingénieurs ont fait appel à une conception modulaire
axée sur une architecture ouverte.
Cela
signifie que le squelette du sous marin contient de vastes espaces vides, des
combles qui peuvent accueillir des modules préfabriqués comme les systèmes
d’armes ou des sonars.
Ces derniers
peuvent facilement être intégrés d’un bloc.
Cette
modularité permettra aux futurs représentant de la classe Virginia d’être
équipés des systèmes les plus récents sans qu’on ait à concevoir une gamme
nouvelle de sous marin.
C’est une
approche très économique de la conception.
Si elle est
couronnée de succès, elle fera de ce sous marin l’engin le plus extraordinaire
à sillonner les eaux du globe.
Mais la
conception n’est que la première étape, concrétiser ce projet ambitieux est une
autre paire de manche !…
LA CONSTRUCTION - LA RÉALISATION
Avec un
budget plus réduit que celui des programmes précédents, cette deuxième phase
s’annonce en effet des plus complexe, d’autant qu’un nouveau problème vient de
surgir !…
Après avoir
investi des millions dans la conception l’US Navy risque d’être à cours de
financement pour la construction.
Il se peut
que le prototype du Virginia ne fasse jamais surface.
Les
autorités ont bien conscience de l’intérêt qu’il y a de fabriquer un sous marin
aussi polyvalent que celui qui n’existe encore que dans la mémoire des
ordinateurs.
D’autant que
pour la première fois, la conception et le développement ont été réalisés par
informatique et avec succès.
En soi c’est
déjà une réussite exceptionnelle.
Aussi plutôt
que de voir le problème de financement de l’USNavy couler le projet, le
fabriquant Electric Boat décide de prendre une initiative sans précédent dans
son histoire.
Pendant des
années Electric Boat a été en concurrence avec Newport News, appartenant à son
vieux rival Northrop Grumman, un autre géant de l’industrie navale.
Electric
Boat lui propose d’unir leur force pour tenter une aventure encore inédite :
fabriquer un sous marin à deux, en équipe.
Ils pensent
qu’en unissant leur ressource et leur savoir faire, ils pourront travailler
plus vite et plus efficacement.
De plus,
cette alliance permettrait de réaliser des économies substantielles ce montant
à plusieurs centaines de millions de dollars.
Mais ces
deux rivaux pourront-ils oublier leur différence pour construire un sous marin
à bas prix et comment gérer un tel projet scindé entre ces deux Entreprises.
Les deux
sociétés doivent réussir cette première, elles n’ont d’ailleurs guère le choix,
l’US Navy n’ayant plus de budget.
Réussir à
fabriquer ce sous marin hors du commun, à un prix inférieur à celui de ces
prédécesseurs ne pourra se faire que grâce à ce partenariat.
Mais un
échec pourrait signifier la fin du programme de sous marin de l’US Navy.
C’est à ce
moment là que la marine doit prouver le bien fondé de l’existence d’un sous
marin dans un monde en plein bouleversement.
Les deux
partenaires commerciaux s’accordent à dire que le seul moyen de répondre aux
exigences, c’est d’éviter tout retard.
Le moindre
revers pourrait ruiner les économies faites précédemment, mais l’efficacité à
100% dans la fabrication d’un sous marin n’existe pas.
Ce projet
peut être trop ambitieux, sombrera-t-il bientôt ?…
En 1998, la
construction débute enfin.
Comme sur
tous les chantiers de fabrications de ce genre, ont commence par l’élément le
plus important : la coque.
C’est elle
qui abritera le personnel et les systèmes d’armes.
Si elle
n’est pas assez résistante, la vie de centaine d’hommes sera menacée, tout
comme l’avenir du sous marin.
En plus
d’être coûteuse, une erreur se solderait par une catastrophe nationale.
Par
conséquent la coque de la "Bête Noire" n’est pas faite d’un
acier classique, afin de résister à des pressions énormes.
Les sous
marins de classe Virginia devront plonger jusqu'à 500 mètres, des profondeurs
auxquelles leurs adversaires auront du mal à les débusquer.
De
plus, cela leur garantira une sécurité maximale en cas d’attaque ou de
détection.
Mais à une
telle profondeur la double coque devra résister à une pression inouïe
de 50 kg/cm2 (# 50 bars).
"Cela équivaut à fabriquer une
assiette assez solide pour y mettre un éléphant!..."
S’assurer
que l’acier sera assez résistant est donc vital.
La
production de ce métal unique, est un secret jalousement gardé par les
militaires, disons simplement qu’il est très... très résistant.
Le problème
c’est qu’il faut arriver à courber cet acier (à le cintrer).
Pour cela on
utilise une machine qui fonctionne à une pression de 4500 tonnes.
C’est une
force 30 fois plus importante que celle utilisée par une machine à broyer les
voitures.
Ces rouleaux
imposants travaillent l’énorme plaque d’acier. Une fois la forme correcte
obtenue, les plaques sont montées sur des châssis arrondis, ensuite elles sont
soudées pour former des cylindres.
C’est une
étape cruciale.
Par le
passé, c’était des soudeurs qui exécutaient cette opération, mais les
contraintes imposées à un sous marin à grande profondeur font que la moindre
soudure défectueuse peut entraîner un affaiblissement de la zone, et une
implosion de la coque résistante!…
La parade :
les robots.
Ces robots
d’assemblages qui travaillent 24h sur 24, ne commettent que de rares erreurs.

JIM WAHL (aréa super intendant Electric Boat) :
"Les soudures effectuées ici, sont
réussies à plus de 99%, ce qui signifie que les inspections ne décèlent que
moins de 1% d’erreur".
C’est une
étape coûteuse, mais il n’est pas question de prendre le moindre risque !...
Pour
s’assurer que les soudures sont parfaites, on les analyse par radiographie :
aux rayons X.
La
moindre imperfection, par exemple une bulle d’air (soufflure) dans la
soudure, pourrait provoquer une faiblesse au niveau de l'assemblage de la
coque.
Cette
dernière menacerait alors de céder face aux pressions phénoménales rencontrées
sous l’eau.
Donc si le
contrôle par rayon X révèle le moindre défaut, on procède à une réparation
méticuleuse.
Chose
étonnante, lorsque ces soudures sont parfaites, elles créent un lien plus
solide que l’acier proprement dit, c’est rassurant pour ceux qui plongeront.
Une fois
fabriqués les différents tronçons de la coque, on commence l’assemblage du
squelette.
Dans un
autre atelier on fabrique les planchers, les cloisons et les éléments qui
constituent l’ossature du sous marin.
Là encore,
on fait appel à des robots pour minimiser les risques d’erreurs et accélérer
les cadences de travail.
C’est une
donnée capitale pour les deux entreprises, dans leur course aux délais et à la
réduction des coûts.

ROGER BALL (supervisor of steel processing - Electric
Boat) :
"Aujourd’hui la technologie nous
permet de travailler à partir de données électroniques transmises directement
aux machines, c’est incroyable !… "
Ce laser de
marquage, fait partie d’une génération nouvelle de robot d’assemblage.
Conçu pour
éliminer l’erreur humaine, cet outil est programmé pour suivre les plans
dressés sur ordinateur avec une fidélité inimaginable…
"…c’est le seul laser de marquage
aujourd’hui que nous connaissons "
Mais cette
technologie nouvelle va-t-elle fonctionner ?
En effet,
elle n’a encore jamais été utilisé pour la fabrication d’un sous marin !…
En tous cas,
elle passe "haut la main" l’épreuve du contrôle qualité et ce n’est
qu’une des nombreuses innovations employées pour fabriquer le Virginia.
Jusqu’ici le
projet avance bien, l’étape suivante : c’est la découpe des pièces.
Comment
tailler un acier aussi résistant ?
A l’aide
d’une machine à découper par jet d’eau abrasif, particulièrement puissante.
Elle
fonctionne en mode "eau + abrasif", ce dernier se présentant
sous la forme de grains de grenat qui tranche l’acier.
L’avantage
de cette machine à eau froide, c’est qu’elle ne chauffe pas le métal, ce qui
permet d’éliminer les imperfections dues : à la dilatation, la fusion
et la contraction, évitant ainsi toutes modifications des caractéristiques
mécaniques de l‘acier.
Si le grenat
n’est pas l’abrasif le plus dur, il est idéal pour cette opération car il est
assez solide pour découper sans pour autant occasionner trop d’usure au niveau
de la buse de sortie d’eau.
Le jet
frappe la plaque d’acier, avec une force de 3,9 tonnes par cm2.
Cela permet
de découper une feuille d’acier de 30 millimètres d’épaisseur.
Une fois
découper les éléments sont prêts à être assemblés pour donner naissance au
squelette du sous marin.
Dans le même
temps on procède à la fabrication d’autres sections modulaires importantes…
Les
logements d’équipage et les armes sont fabriqués à l’extérieur avant
l’assemblage final, ce qui permet de faciliter la construction et de procéder à
tous les essais avant installation.
Le module de
commandement et de contrôle du Virginia est le plus complexe du genre.
C’est le
cerveau du sous marin.
C’est la que
se déroule les fonctions essentielles et c’est de là qu’on surveille tout ce
qui se passe autour du submersible et qu’on gère les systèmes d’armes.
En cas
d’erreur au cours de cette étape, c’est tout le sous marin qui pourrait se
trouver inopérant, voir incapable de naviguer !…
Les divers
éléments du Virginia, comme le module d’assistance, les structures intérieures
et la coque extérieure sont fins prêts. Mais ils n’ont pas encore été assemblés
pour donner naissance à un sous marin complet.
Tant qu’il
n’est pas achevé, les sous mariniers qui seront affectés à son bord, ne peuvent
ni le découvrir, ni se familiariser avec son fonctionnement.
Pourtant ils
doivent apprendre à utiliser des systèmes uniques en leur genre.
Comment les
marins peuvent-ils s’entraîner, alors que le sous marin est encore à l’atelier
?
L’US Navy va
devoir faire preuve de créativité pour s’assurer que l’élément humain des sous
mariniers, sera paré à embarquer.
A ce stade
le projet peut encore "prendre l’eau" !…
L’USS
Virginia étant un bateau sans équivalent, l’expérience acquise par les marins à
bord d’autres "Bêtes noires", ne leur serait guère utile.
Malgré tout,
il doit être testé avant les essais à la mer.
Aussi les
hommes qui serviront à bord doivent suivre un entraînement intensif.
Le problème
: comme ce sous marin n’a jamais servi, personne ne connaît l’ensemble de son
fonctionnement !…
Comme le
reste du projet, cette étape s’annonce comme un défi supplémentaire à relever.
La formation
commence par tout cauchemar de sous marinier...
Dans une
fausse salle des machines, on simule tous les types de voies d’eau et même
si ces hommes ne sont pas à bord d’un sous marin en perdition, ce scénario leur
semble on ne peut plus réel.
Ils disent
qu’un tel incident peut se produire en mer et que le seul moyen d’y survivre
est d’empêcher l’eau de s’infiltrer.
Lorsque
qu’un sous marin est confronté à une voie d’eau, c’est une course contre le
mort qui commence pour tout le personnel à bord.
En plein
combat, il ne peut pas faire surface, le submersible risque d’être repéré par
l’ennemi.
Si trop
d’eau s’infiltre, le sous marin va s’alourdir et descendre vers le fond !…
Les hommes
ne pourront pas être évacués par les sas de sauvetage, parce qu’ils
seront à une immersion trop profonde et la pression finira par les
écraser.
S’ils ne
stoppent pas les voies d’eau, ils resteront prisonniers au fond !…
Au cours de
ces entraînements, ces sous mariniers sont soigneusement surveillés par leur
supérieurs.
"On attend de ces hommes, qu’ils
gardent leur sang froid et qu’ils restent concentrés !..."
Pour boucher
(obturer) les petites fuites sur les tuyauteries, les marins posent des
bouchons qu’ils fixent avec une "ficelle spéciale", pour les
fuites plus importantes ils les obturent avec des plaques métalliques semi
cylindriques, qui sont ensuite arrimées avec des bandes de métal
surnommées "bandit".
Après des
tests aussi rigoureux que stressant, ces sous mariniers reçoivent les
félicitations de leur supérieurs.
C’est un
équipage compétant avec lequel on peut passer plusieurs mois et c’est ça un
sous marin, vivre dans un espace confiné, tout en restant capable de bien se
comporter face au danger.
Autant dire
qu’il ne vaut mieux pas être claustrophobe !…
Chaque homme
présent à bord d’un sous marin de la marine américaine,
du "Pacha" (le Commandant) au cuistot, doit savoir réagir face à
une voie d’eau, afin d’intervenir en urgence.
Mais ces
sous mariniers ne s’entraînent pas uniquement pour les situations extrêmes.
Ils doivent
aussi apprendre les tâches qui leur sont confiées dans leur spécialité, comme
la navigation ou l’écoute sonar, ce qui les obligent à se familiariser avec le
matériel du Virginia.
Habituellement,
sonar et navigation étaient séparés en raison du bruit, mais grâce à la
technologie et pour économiser de l’espace, ils se côtoient pour la première
fois dans le PCNO (poste central navigation opération).
Au début
c’était incroyable, car par tradition les DEASM (opérateurs sonar), qui
arrivaient à bord du Virginia, avaient une idée préconçue :
"on était dans une pièce séparée des
autres, ou l’on pouvait écouter les sons qui nous intéressait sans que ça ne
gêne personne".
Mais avant
d’entamer les essais à la mer ces hommes doivent apprendre à travailler
ensemble.
L’US Navy
n’a pas d’autre choix que de construire un simulateur.
Celui-ci,
est la réplique exacte du PCNO du Virginia.

ROBERT BENTLEY (chief of boat - USS Hawaii) :
"Il s’agit d’un système d’entraînement
propre à la classe Virginia"
Pour la
première fois l’équipage met la main sur des commandes identiques à celles du
futur sous marin.

ROBERT BENTLEY (chief of boat - USS Hawaii) :
"D’une manière générale le premier
bateau d’une classe à sortir d’une chaîne de montage connaît d’important
problème".
Mais les
DEASM (détecteurs anti sous marins), doivent en plus apprendre à travailler au
contact de leurs collègues.
Finis la
séparation des activités pour éviter toutes interférences sonores.
C’est pourquoi
les DEASM du Virginia doivent s’habituer à ce nouvel environnement.
Après les
récriminations initiales, ils découvrent les avantages du travail au contact
des autres.
Ce nouvel
aménagement leurs donnent une image tactique plus large des actions du bateau.
Sur
simulateur les opérateurs vont découvrir une autre innovation révolutionnaire…
Pour la
toute première fois ils vont naviguer à bord d’un sous marin sans périscope.
Normalement
cet outil perce la surface de l’eau et grâce à un jeu de miroirs, permet à un
individu d’observer l’horizon sur 360°.
Mais
"Grandes oreilles", se doit d’être bien plus conscient de son
environnement.
Aussi il
dispose d’un aérien équipé de plusieurs capteurs et caméras, permettant de
capter des images de tous les côtés.
L’ensemble
de ce matériel est relié à plusieurs moniteurs installés au PCNO.
Pour la
première fois dans l’histoire des sous marins, tout le monde participe à la
surveillance de l’activité en surface et tout le monde se trouvant dans la même
"pièce", la communication est bien plus efficace.
Pendant que
l’équipage s’entraîne, la construction du sous marin touche à sa fin.
Les tronçons
de coque reçoivent les modules qu’ils doivent abriter.
Ensuite les
tronçons sont assemblés par soudage les uns après les autres pour enfin
laisser apparaître le sous marin dans toute sa longueur.
Et en août
2003, l’USS Virginia est près pour son baptême.
Contre toute
attente, l’alliance industrielle a relevé le défi.
Les deux
sociétés ont réussi à construire un sous marin révolutionnaire, dont la
technologie dépasse toutes celles de ses concurrents.
C’est une
réussite remarquable.
Mais malgré
tout il ne faut pas se réjouir trop vite.
En effet si
l’étape cruciale ne se déroule pas correctement, le projet peut encore capoter
!…
Le Virginia
doit impérativement faire ses preuves dans son élément : la mer
Bien souvent
par le passé, ces essais ont mis en lumière d’innombrables problèmes, qui ont
entraînés retards et surcoûts.
Le Virginia
a été construit sur ordinateur, ce qui a permis d’économiser du temps et de
l’argent.
Mais comme
ses prédécesseurs, il ne doit pas y avoir de mauvaise surprise lors des essais
à la mer, sinon le projet se solderait par un véritable naufrage.
Au total la
construction de l’USS Virginia aura durée six ans et aura coûté plusieurs
milliards de dollars.
C’est une
réussite hors du commun, mais elle peut très bien s’arrêter là !… Le vrai test,
c’est pour bientôt !…
Un échec à
ce stade pourrait saborder le travail accompli, il faudrait peut être des
années pour résoudre les problèmes éventuellement mis en évidence par les
essais à la mer, ce qui ruinerait la viabilité économique du projet et pourrait
même conduire au désastre la division sous marins.
Par le
passé, il n’a pas été rare de voir les difficultés surgir à ce moment là.
Mais ce
projet ne peut pas se permettre d’échouer.
C’est donc
"quitte ou double" pour la classe Virginia !…
En août
2003, vient le jour tant attendu du lancement.
Au cours des
mois à venir le sous marin va passer d’innombrables tests : les essais
"Alpha".
C’est le
moment où les choses peuvent mal tourner, c’est d’ailleurs souvent le cas.
Auparavant
on prenait en compte les délais de réparations au cours ou à l'issue des
essais.
Mais
austérité oblige, l’US Navy et l’alliance industrielle ne peuvent pas s’offrir
ce luxe, le Virginia doit réussir.
![]()

ROBERT BENTLEY (chief of boat - USS Hawaii) :
"D’une manière générale le premier
bateau d’une classe à sortir d’une chaîne de montage connaît d’important
problème".
Lors du
"voyage inaugural", le Commandant et l’équipage du Virginia, testent
tous les systèmes principaux en commençant par le sonar.
C’est cet
appareil qui permet à un sous marin de voir même en "eau trouble".
Il s’appui
sur la réception et la transmission.
L’élément
principal du système, c’est l’antenne sphérique logée dans le nez du
submersible. Elle est recouverte d’une centaine d’hydrophones qui fonctionnent
comme autant d’oreilles et elle agit comme un sonar passif qui écoute tous les
bruits émis à l’extérieur du sous marin.
Une
isolation géante protège cet appareil de ceux émis à l’intérieur et
susceptibles de provoquer des interférences.
Mais
l’antenne sphérique peut aussi fonctionner en sonar actif, elle émet alors une
onde sonore et obtient en retour une image nette de l’environnement du sous
marin lorsque les sons rebondissent sur les surfaces alentours.
En plus, le
Virginia est équipé de six sonars de flanc, trois de chaque coté, qui complète
l’image fournie par l’antenne sphérique. Il dispose enfin d’un sonar remorqué
car la zone à l’arrière du sous marin constitue un angle mort
appelé "baffle", qui est un peu son talon d’Achille.
Comme le
Virginia a été conçu pour opérer en eau peu profonde, près des côtes, il risque
fort de se heurter à des champs de mines déployés par l’ennemi, pour tenir les
bateaux adverses à distance.
Dispersé
sous la surface, ces mines marines sont maintenues en place par des orins
métalliques.
Pour faire
face à ce danger, l’USS Virginia est le premier sous marin américain à disposer
d’un sonar de nez jumelé à un sonar de massif, tous deux fonctionnant à hautes
fréquences.
Ces
instruments permettent d’améliorer la capacité de repérage des mines afin de
les éviter ou de les repérer à distance.
Le système
de sonar réussi brillamment les essais à la mer.

L’autre
caractéristique qui fait que les sous marins de la classe Virginia sont
particulièrement adaptés aux eaux peu profondes, c’est la précision de sa
navigation.
Comme tous
les sous marins, il est équipé d’une hélice (carénée) pour réguler la vitesse,
de barres de plongées et de direction pour se diriger et il fait appel à la
flottabilité pour monter et descendre.
Pour
plonger, on purge l’air contenu dans les ballasts qui se
remplissent entièrement d’eau de mer.
Le sous
marin est alors en flottabilité nulle.
Le contrôle
permanent de l'équilibre entre le poids (apparent) du
sous-marin et la poussée d'Archimède, régie l'essentiel de la
navigation en plongée.
Le
sous-marin en plongée subit en permanence cette poussée qui tend à le faire
remonter.
Pour concerver
cet équilibre le seul facteur sur lequel on peut agir : c'est son poids
; pour cela on fait entrer (alourdissement) ou sortir
(allègement) de l’eau de mer des caisses de réglages (c'est l'ajustement
du poids), et un ensemble de circuits internes reliant les
caisses d’assiette (transfert d'eau douce entre l'avant et l'arrière du
sous-marin).
Pour
remonter à la surface, on injecte de l’air comprimé dans les ballasts afin de
chasser l’eau de mer et ainsi d’alléger le submersible, en lui donnant une
flottabilité positive.
Ces
principes de fonctionnement sont utilisés sur tous les sous marins américains,
mais ce qui rend la classe Virginia unique, c’est qu’ils sont tous gérés par un
programme central.

ROBERT BENTLEY (chief of boat - USS Hawaii) :
"On entre le cap et la profondeur et
le sous marin s’y tiens jusqu’à ce qu’on l’ait modifié…
Si le
Virginia venait à stopper près du fond, les courants, les marées finiraient par
le faire dériver.
Sauf qu’il
dispose d’une fonction stationnaire, grâce à laquelle il peut rester à l’aplomb
des fonds marins, en compensant la force des courants et des marées.
Cette
aptitude unique au monde à pouvoir se maintenir exactement à la position voulue
permet d’utiliser une autre innovation de taille. En effet, il devient plus
facile pour des troupes d’élites (comme les Navy Seal ou commandos) de se
servir de l’écoutille (sas).
Aucun autre
sous marin ne dispose d’un moyen plus efficace de déployer une unité des forces
spéciales.
Et aucun
autre submersible de la flotte américaine ne dispose d’une plate-forme intégrée
du déploiement des Seal.
Ce
compartiment situé sur l‘arrière du massif, prévu pour neufs hommes, permet à
une unité complète de sortir du sous marin et d’y entrer.
Une fois
sortis, ils prennent leur matériel en fonction de la mission à accomplir, dans
des casiers logés dans le flanc du massif.
Ensuite ils
n’ont plus qu’à approcher discrètement de la côte.
Et s’ils ont
besoin d’un appui feu, le Virginia est à même de le leur fournir.
Il dispose
en effet de 12 tubes lance missiles, pour des missiles de
croisière Tomahawk. Ils peuvent détruire des objectifs stratégiques à 1600
kilomètres.
4 tubes
lance torpilles et 40 torpilles permettant
de détruire n’importe quelle force de surface, et en cas de besoin le Virginia
peut s'éloigner rapidement et disparaître en eau profonde.
Pour ne pas
se faire détecter, il a été conçu pour manœuvrer dans le plus grand silence.
Ainsi les
hélices, des sous marins de la classe Virginia, sont équipées d’un carénage
énorme pour réduire le bruit rayonné.
De plus la
coque est revêtue d’une matière caoutchouteuse pour le rendre plus
hydrodynamique, mais surtout indétectable.

Cmdr Todd W. CRAMER (Commander USS Virginia) :
"C’est un peu comme conduire votre
voiture à toute vitesse sur l’autoroute, avec les vitres baissées vous
n’entendez pas la radio. À bord du Virginia, quand on va vite avec le bruit
d’écoulement de l’eau, les capteurs n’entendent plus rien. Il faut donc rendre
le bateau le plus discret possible, lisse sur le plan hydrodynamique pour
entendre ce qui se passe autour".
Privé de cet
ensemble anti-bruit, le Virginia serait complètement sourd. Son insonorisation
lui permet d’entendre et donc de savoir ce qui se passe autour de lui.
Après les
tests exhaustifs, de l’ensemble des nouveaux systèmes, la technologie et des
membres d’équipage, les essais "Alpha" sont enfin terminés.
Et à la
surprise générale, et au grand soulagement de tous, l’USS Virginia à réussi
tous ses essais "haut la main".

JOHN CHAFEE ( Electrical Superinetendent -Electric
Boat) :
"C’était formidable de voir le sous
marin revenir et de comprendre en voyant descendre l’amiral, qu’il était très
satisfait, car le bateau s’était comporté à merveille. Il est rentré avec un
balai accroché au massif, ce qui signifiait ’’bon nettoyage’'

Il est rentré avec un balai accroché au massif, ce qui
signifiait ’’bon nettoyage’’.
Un bon
nettoyage signifie que le bateau a réussi tous les essais.
Sur la photo
de droite : devant les "aériens", on aperçoit le balai planté
tête en l'air.

WILL LENNON (USS Virginia Program director) :
"Tous les essais que j’ai effectué
depuis ma prise de commandement ont été de grandes réussites. Le sous-marin
allait même au-delà de nos attentes à chaque fois. Il est remarquable" .
Normalement,
lors de la construction d’un sous marin nucléaire, on prévoit une année
d’essais suivi d’une année de réparation.
Mais vu la
prestation exceptionnel du Virginia lors des essais à la mer, il n’y a pas eu
de réparation.
![]()
WILL LENNON (USS Virginia Program director) :
"Tout le monde s’y est mis et à fourni
un effort formidable, c’était fantastique de participer à un tel projet et je
suis très fier de ceux qui l’ont mené à bien".
L’USS
Virginia a marqué un tournant dans l’histoire des sous marins.
Sa
conception et sa réalisation ont été si réussies, qu’il pourrait être admis au
service actif, un an avant la date prévue.
C’est bien
la preuve, s’il en était encore besoin, que le choix de la conception par
ordinateur est le bon.
Les
nouvelles technologies jumelées avec les ressources de deux chantiers navals
concurrents mais partenaires, permettent de produire un sous marin plus
performant et à un coût moindre.
Une fois
dans les eaux côtières peu profondes, il peut fournir un appui aux forces
terrestres dans le cadre de leur mission.
Leurs
capacités offrent aux sous marins de cette classe nouvelle, d’être plus que de
simples bateaux de guerre conçu pour affronter les marines ennemies en pleine
mer.
L’USS
Virginia est le premier représentant de la classe qui porte son nom.
Les conflits
auxquelles cette "Bête Noire" va devoir faire face dans les
décennies à venir, sont impossibles à prévoir et beaucoup de ses missions
resteront certainement secrètes.
Mais une
chose est sûr, l’USS Virginia est prêt à faire son devoir.
Jean-Marie BUON - Mai 2006
[Source : National
Géographic Channel "Mégastructures" - 2006].
En images, "De la construction aux premiers
tours d'hélice..."

![]()
1 - USS Virginia (SSN 774) - (Official U.S. Navy Photograph, by
General Dynamics Electric Boat).
![]()

2 - USS Virginia (SSN 774) - (Photo provided courtesy General Dynamics
Photo / Electric Boat., courtesy of news.navy.mil.)
![]()

3 - USS Virginia (SSN 774) - (Photo courtesy of SUPSHIP Groton).
![]()

3 - USS Virginia (SSN 774) - (Photo courtesy of SUPSHIP Groton).
![]()

4 - USS Virginia (SSN 774) - (Photo courtesy of SUPSHIP Groton).
![]()

5 - USS Virginia (SSN 774) - (U.S. Navy photo courtesy of
sublant.navy.mil.)

![]()
6 - USS Virginia (SSN 774) - (Courtesy of General Dynamics Electric Boat.)
![]()

7 - USS Virginia (SSN 774)- Norfolk - (Photo courtesy of SUPSHIP Groton).

8 - USS Virginia (SSN 774), au terme de ses essais à la mer -
(Photo courtesy of SUPSHIP Groton).
[Jean-Marie BUON - Mai 2006].
Pour information :
|
Nom |
Mise sur cale |
Lancement |
Mise en
service |
|
1999 |
2003 |
2004 |
|
|
USS Texas
(SSN-775) |
2002 |
2005 |
2006 |
|
USS Hawaii
(SSN-776) |
2004 |
2006 |
2007 |
|
USS North
Carolina (SSN-777) |
2004 |
2007 |
2008 |
|
USS New
Hampshire (SSN-778) |
2005 |
2008 |
2009 |
|
USS New
Mexico (SSN-779) |
2006 |
2009 |
2010 |
Source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Classe_Virginia
