Insigne A.G.A.S.M.


ANECDOTES (Suite)



Jean-Marie Buon

Septembre 2008  (Source d'origine : National Géographic Channel - Discovery)

"LE TOP TEN"

LES DIX MEILLEURS SOUS-MARINS

Présentation et classement des plus étonnants et des plus grands sous-marins ayant navigué dans les profondeurs des océans au cours du siècle dernier.

Les sous-marins, les discrets rôdeurs des mers semant la mort et la destruction depuis les profondeurs.

        

Des premiers modèles diesels, aux géants de la guerre froide à propulsion nucléaire, leur apparence n'a que très peu évolué. Mais du point de vue technologique, ils comptent désormais parmi les armes les plus menaçantes de la planète. Ils peuvent détruire des navires, des villes et même des pays entiers.

En près d'un siècle de conflit, le rôle tactique des ces monstres marins a radicalement changé.

Une seule constante demeure, la capacité à s'immerger rapidement et le plus silencieusement pour atteindre le but ultime de tous sous-marins : la furtivité.

"Top ten" va donc mettre à l'épreuve, évaluer et noter, les meilleurs sous-marins de l'histoire.

Au cours des deux guerres mondiales, les sous-marins ont joué un rôle crucial dans le volet maritime des conflits. L'avènement de l'ère nucléaire a donné naissance à de nouvelles missions et à de nouvelles cibles.

Les sous-marins actuels forment une force de dissuasion nucléaire de première ligne et peuvent patrouiller en immersion pendant plusieurs mois d'affilés. Ils sont également devenus plus rapides et plus silencieux.

Cela dit, la légende d'un sous-marin ne se fonde pas sur ce qu'il peut faire, mais sur ce qu'il a fait.

En prenant appuis sur des opinions d'experts, des sondages et des comparaisons techniques, nous avons établis une grille en cinq points pour classer les dix meilleurs sous-marins de l'histoire :

- Le facteur de dissuasion,

- La furtivité,

- L'innovation,

- La durée en service,

- Les performances au combat..

En 10 ème position, on trouve le sous-marin qui a fait plonger la guerre froide dans les profondeurs. Une plate-forme furtive dotée d'une puissance de feu nucléaire apocalyptique :

Le sous-marin de classe George Washington

- Pays d'origine : É tats-Unis

- Type : S.N.L.E. (sous-marin nucléaire lanceur d'engins)

- Propulsion : un moteur nucléaire S5W PWR

- Armement offensif : 16 missiles Polaris A1 ; 6 tubes lance torpilles avant, de 530 mm.

- Déplacement en plongée : 6700 tonnes.

Dans les années 50, le monde vit dans la crainte d'un conflit nucléaire global.

Des milliard de vies sont en jeu. La guerre froide oppose les É tats-Unis à l'Union Soviétique (URSS) et chaque camp essaye de prendre l'avantage.

Pour l'Amérique, les sous-marins sont la solution.

Dr. Aryeh NUSBACHER (Royal Military Académie Sandhurst)

"Dans les années 50, on pense qu'un missile nucléaire placé dans un sous-marin, est beaucoup plus difficile a détecter et à détruire, que dans un silos de lancement terrestre. "

Pour cela les États-Unis doivent construire un sous-marin capable de lancer un missile nucléaire en immersion.

En 1958 les ingénieurs américains prennent un sous-marin de classe type Jack en construction, et y ajoutent un compartiment à missiles de 40 mètres de long, qui abrite les premiers missiles nucléaires Polaris longues portées.

Dr. Gary WEIR (US Naval Historical Centre)

"Il ne faut pas oublier que lorsque que ce sous-marin tire son premier missile, nous sommes à l'époque de la crise de Cuba pendant la présidence de John Kennedy, qui est d'ailleurs présent lors de ce premier test. Dans une note restée célèbre, il écrit que quiconque a assisté à ce lancement du premier Polaris A1 ne peut être que convaincu du fait qu'il s'agit là d'une des armes les plus cruciale jamais créée. Une arme capable de semer la désolation chez les ennemis de l'Amérique."

l'USS George Washington tire son premier missile.

John Kennedy, Président des  États-Unis, est présent lors de ce premier test.

l'USS George Washington (SSBN-598) - (fr.wikipedia.org)

Surnommé "Boomer" par ses équipages, il pouvait naviguer en silence à des profondeurs impressionnantes pendant de longues périodes de temps.

Lors sa première sortie, l'USS George Washington reste immergé pendant 66 jours, ce qui constitue alors un record.

Il peut déclencher une frappe nucléaire contre une cible distante de 1600 kilomètres.

L'Amérique a pris la tête de la course aux armements, laissant l'URSS sous le choc.

 

Dr. Aryeh NUSBACHER (Royal Military Académie Sandhurst)

"En 1960, pour la première fois, l'Union Soviétique peut subir une attaque surprise de l'occident, exactement comme l'attaque allemande de 1941.

Et cela cause une grande inquiétude chez les Soviétiques."

Les sous-marin de classe Washington ont un facteur de dissuasion impressionnant, la furtivité est bonne tout comme l'innovation, mais la durée en service et les performances au combat sont moyennes, ce qui le limite à la  10 ème place de notre liste.

Pendant leur courte histoire les sous-marins ont connus des changements technologiques radicaux.

D'un pionnier de la première guerre mondiale à un géant de la guerre froide à propulsion nucléaire, voici la suite des plus grands sous-marins de l'histoire.

Pour un sous-marin nul besoin d'être une merveille de technologie nucléaire pour avoir un impact significatif sur un conflit,.

À la 9 ème place de notre liste, se trouve un bâtiment allemand légendaire qui a permis de définir le rôle que les sous-marins allaient tenir dans les combats maritime du XX ème siècle :

    

Le U-boot de type 31                                                                    

- Pays d'origine : Allemagne

- Type : sous-marin d'attaque à moyen rayon d'action

- Propulsion : 2 moteurs diesels générant 1700 cv et 2 moteurs électriques d'une puissance combinée générant de 1200 cv

- Armement offensif : 4 tubes lance torpille de 500 mm, 1 canon de pont de 88 mm

- Déplacement en plongée : 864 tonnes

Paul BEAVER (Défence Analist)

"Lors de la première guerre mondiale, dans la marine marchande, rien n'était plus effrayant que d'entre quelque un crier : "U-boot".

274 U-boote ont envoyé 12,8 millions de tonnes de navires par le fond."

En 1914, la Grande-Bretagne règne sur les mer. Sa flotte patrouille aux quatre coins du monde. Les Britanniques disposent de sous-marins, mais ils sont souvent considérés avec aversion.

Cdr Jeff TALL (Royal Navy Submarine Museum)

"La suspicion et le scepticisme régnaient dans toutes les marines du monde. La vieille école trouvait que ces armes n'étaient pas digne d'un gentleman. L'Amiral, Sir Arthur Wilson a dit que tous les sous-mariniers devraient être pendus pour acte de piraterie."

A cause de cette défiance vis à vis des sous-marins, les moyens de défense britannique contre les U-boote allemands sont loin d'être efficaces.

Dr. Aryeh NUSBACHER (Royal Military Académie Sandhurst)

"Le plan de défense de la grande base navale anglaise de Scapa Flow pour contrer la menace des sous-marins était le suivant : mettre des hommes, dans de petites barques, équipés d'un marteau, et les faire ramer sur le périmètre de la base de la flotte de haute mer britannique. Dès qu'ils voyaient un périscope, ils devaient ramer jusqu'à lui... et lui donner un bon coup de marteau !!!..."

Dès qu'ils voyaient un périscope, ils devaient ramer jusqu'à lui et... lui donner un bon coup de marteau !!!..."

Le refus de l'Amirauté britannique de fournir une escorte armée aux navires de la marine marchande se révèle encore plus dommageable. Pour toutes ces raisons, les U-bootes allemands prospèrent.

Au cours de la première guerre mondiale, Arnaud de la Perrière le légendaire commandant de l'U 35, a coulé 194 navires pour un tonnage de 450 000 tonnes. Un record qui ne sera certainement jamais battu.

   

Lothar von Arnauld de la Perrière                          Rencontre entre les sous-marins U-35 et U-52 en Mer Méditerranée en 1916.

Comme tous ses contemporains, le U 35 ne passe que très peu de temps sous l'eau, car un sous-marin immergé se déplace alors plus lentement tout en consommant sa précieuse réserve d'électricité. De même, ils utilisent rarement leurs torpilles.

Le sous-marin U-35 patrouillant en Mer Méditerranée en 1915.

Dr. Gary WEIR (US Naval Historical Centre)

"Le canon de pont est considéré comme une arme à la fois plus puissante et plus efficace, car la torpille sous-marine est encore à un stade de développement dont l'utilisation est délicate surtout contre une cible en mouvement."

En février 1917, les allemands déclarent la guerre sous-marine totale et coulent près d'un demi million de tonnes de navires par mois.

Les U-boote, dénigrés avec tant de légèreté avant la guerre, poussent la Grande Bretagne au bord de la famine.

Dr. Aryeh NUSBACHER (Royal Military Académie Sandhurst)

"La Royale Navy s'est rendue compte que les allemands allaient gagner la guerre ; la guerre des tranchées, comme la bataille des Dardanelles, grâce à leurs seuls U-bootes qui coulaient les navires Alliés. Avant que la Royale Navy ne découvre cela et commence a organiser des comptoirs, la victoire penche du coté allemands."

A partir de juillet 1917, les navires ne sortent plus qu"en convois fortement armés. Les sous-marins agresseurs se trouvent le plus souvent accueillis par un feu nourris. Très vite la menace est neutralisée, mais le sous-marin a atteint l'âge de la maturité.

Le type 31 possède un gros facteur de dissuasion, ses performances au combat sont excellentes, l'innovation est moyenne tout comme la furtivité et la durée de service est faible, ce qui lui vaut la 9 ème place de notre "top ten".

À la 8 ème place, on trouve le monstre des mers, un Léviathan soviétique conçu pour roder sous la glace de l'arctique et au besoin pour noyer ses ennemis de la guerre froide, sous une pluie de missiles nucléaires.

(fr.wikipedia.org)

Le sous-marin de classe TYPHOON                                                                 

- Pays d'origine : Union Soviétique

- Type : sous-marin nucléaire lanceurs d'engins

- Propulsion : 2 réacteur nucléaire PWR

- Armement offensif : 20 SLBM SSL20 Sturgeon, 6 tubes lances torpilles de 530 mm.

- Déplacement en plongée : 48 000 tonnes.

Pendant la guerre froide, les soviétiques font tout leur possible pour rester au niveau des États-Unis dans le domaine des technologie de l'armement. En dépit de leur coût, les sous-marins tiennent une place de choix dans cette compétition.

Dr. Randy PAPADOPOULOS (US Naval Historical Centre)

"On peut s'étonner que les soviétiques aient pu construire un bâtiment aussi grand, aussi maniable et aussi efficace.

Dr. Aryeh NUSBACHER (Royal Military Académie Sandhurst)

Plutôt que construire des moissonneuses ou des tracteurs, ils fabriquent d'énormes sous-marins.

Le Typhoon est potentiellement très efficace.

Vu les standards Soviétiques, la qualité de ce bâtiment est à peine croyable, quand on pense qu'ils ne sont pas capables de produire une voiture correcte !..."

 Akula (Typhoon) - Le TK-12 le 1er mai 1985   (fr.wikipedia.org)

Avec le Typhoon les Soviétique possèdent un magnifique sous-marin qui écrase la concurrence

Dr. Randy PAPADOPOULOS (US Naval Historical Centre)

"En immersion il déplace 48 000 tonnes, plus qu'un cuirassé de la seconde guerre mondiale."

Typhoon_iced_TK-202 part en patrouille (fr.wikipedia.org)

A elle seule la simple masse du Typhoon force l'admiration, mais encore plus important aux yeux de l'équipage sa taille offre le luxe que les anciens sous-mariniers ne pouvaient envisager qu'en rêve.

Cdr Jeff TALL (Royal Navy Submarine Museum)

"Il était conçu pour de très longue sortie de 120 jours. Il comprenait des sauna, des piscines, de quoi motiver l'équipage en lui offrant tout le confort possible."

Mais le Typhoon n'est pas un navire de croisière, c'est une plate-forme submersible capable de lancer 20 missiles balistiques comprenant jusqu'à 200 ogives nucléaires.

Paul BEAVER (Défence Analist)

"Un seul de ces sous-marins, armés de missiles balistiques à têtes nucléaires multiples, aurait pu certainement dévaster toute la cote Est des États Unis… Un seul sous-marin !…"

Le sous-marin de classe Typhoon est conçu pour attendre la fin d'une attaque nucléaire et lancer des tirs de représailles. Capable de faire surface à travers quatre mètres de glace grâce à sa coque renforcée, ses hommes peuvent être théoriquement les derniers survivants de la planète à l'issue d'une de ses missions.

Dr. Aryeh NUSBACHER (Royal Military Académie Sandhurst)

"Une fois les hostilités déclenchées, une fois commencé l'hiver nucléaire qui allait recouvrir toute la planète, ce n'est que là que le Typhoon devait surgir de sous la calotte glaciaire pour porter le dernier coup décisif, qui donnerait la victoire définitive aux Russes. C'était la raison d'être du Typhoon."

Le Typhoon a un facteur de dissuasion élevé, sa furtivité est excellente, son innovation et sa durée de service sont bonnes, mais ses capacités au combat sont moyennes, ce monstre Soviétique obtient donc la 8 ème place.

À la 7 ème place, le sous-marin japonais qui se prenait pour un porte-avions.

(fr.wikipedia.org)

Le I 400 de classe SENTOKU

- Pays d'origine : Japon

- Type : sous-marin porte-avions

- Propulsion : 4 moteurs diesels d'une puissance combinée de 7770 cv et 4 moteurs électriques générant 2400 cv

- Armement offensif : 8 tubes lances torpilles avant de 530 mm. - 1 canon de pont de 140 mm. - 3 hydravions Seiran M61A, armés d'une torpille de 800 kg

- Déplacement en plongée : 6400 tonnes.

Pearl Arbor 1945, des officiers et des hommes d'équipage se tiennent à bord d'un sous-marin japonais capturé, dont l'histoire est aussi courte qu'incroyable.

Quatre ans auparavant les japonais entre en guerre avec la flotte de sous-marins la plus moderne du monde.

Dr. Randy PAPADOPOULOS (US Naval Historical Centre)

"Au début de la seconde guerre mondiale, la marine impériale japonaise expose une flotte de sous-marins technologiquement avancée. Elle est imposante, avec 70 bâtiments conçus pour repérer et attaquer les navires ennemis qui approchent du Japon."

Le I 400 de classe Sentoku lancé en 1945 est alors le plus grand sous-marin au monde. Ces gigantesques proportions cachent une vigueur extraordinaire. Ce montre possède une autonomie de 60 000 km. Mais la classe du Sentoku n'est pas sans raison. Sa section avant longue de 35 mètres abrite trois hydravions Seiran.

Sous-marin japonais de classe I-400.

Sous-marin japonais de classe I-400.

Canon d'un sous-marin japonais de classe I-400, sur un des trois I-400 capturé par les américains

(fr.wikipedia.org)

Paul BEAVER (Défence Analist)

"Il y avait des hangars à l'avant de la coque, ils contenaient les hydravions les ailes repliées sur leurs flotteurs comme dans un cocon. Les japonais pouvaient donc approcher des cotes ennemies, les États-Unis en l'occurrence , et lancer une attaque aérienne. On peut définir ce bâtiment comme un porte-avions furtif."

Le haut commandement japonais compte mettre à exécution un plan audacieux. Le I 400 doit lancer ces avions sur l'un des atouts les plus stratégique et les plus vulnérable des États-Unis : le canal de Panama.

Paul BEAVER (Défence Analist)

"La destruction de l'une des écluses coté pacifique, pourrait vider le canal et le rendre inutilisable pendant des mois. C'est avant tout dans cette intention que le japon a développé le I 400."

Heureusement pour les États-Unis, ce plan ne sera jamais mis à exécution. Le Japon se retrouve débordé par les évènement du pacifique et l'assaut reste à l'état de projet.

A la fin de la guerre les américains capturent trois I 400 et peuvent les étudier.

Dr. Randy PAPADOPOULOS (US Naval Historical Centre)

"C'est un concept très innovant, cela prouve que les japonais étaient prêt à investir dans une expérimentation. C'est une chose que les autres marines n'étaient, le plus souvent, pas disposées à faire."

En 1946, le commandement soviétique demande aux américains de lui envoyer un I 400 pour pouvoir l'inspecter. En réponse : l'US Navy les saborde.

La durée de service de l'I 400 n'est donc que d'un an, la performance au combat est moyenne, la furtivité est bonne et l'innovation est élevée, tout comme le facteur de dissuasion, ce qui permet à l'I 400 de prendre la 7 ème place de notre "top ten".

En 6 ème place, on trouve le "nain" de 30 tonnes qui s'est lancé à l'assaut d'un géant de 44 000 tonnes.

 

Le X-CRAFT

- Pays d'origine : Grande-Bretagne

- Type : sous-marin de poche

- Propulsion : 1 moteur diesel Gardner de 42 cv et 1 moteur électrique de 30 cv

- Armement offensif : 2 charges de 1620 kg d'amatol explosif ou des mines ventouses

- Déplacement en plongée : 30 tonnes

Nota : Le submersible était d'environ 15,5 m de long, 1,68 m de diamètre maximum et pesait de 27 à 30 tonnes. La propulsion était assurée par un moteur Diesel de 4 cylindres de 42 chevaux fabriqué par Gardner converti d'un type de moteur utilisé dans certains autobus de Londres et un moteur électrique de 30 chevaux permettant une vitesse maximum de 5,5 à 6,5 nœuds, soit de 10 à 12 km/h.

Dr. Aryeh NUSBACHER (Royal Military Académie Sandhurst)

"Piloter un X-CRAFT n'est pas un acte suicidaire, mais ça demande quand même une dose de courage qui frise l'inconscience."

 

Au cours de la seconde guerre mondiale, les Alliés comme l'Axe expérimente les sous-marins de poche. Certains transportent des hommes-grenouilles qui placent des charges explosives, d'autres lancent des torpilles et certains modèles sont eux-mêmes des torpilles, menés à leur destination par des plongeurs. Mais tous partagent la même mission : infiltrer des ports dans lesquels des sous-marins conventionnels, ne peuvent ou n'osent pas pénétrer

le X-52 Stickleback. (mapage.noos)

Dr. Aryeh NUSBACHER (Royal Military Académie Sandhurst)

"Imaginez que vous deviez emmener une énorme quantité d'explosif sur une cible protégée par des systèmes de défense tels que des filets anti-torpilles et sans disposer d'ordinateur assez performant pour réussir ce genre de navigation. Quelle est la solution pour réussir à couler par le fond, une cible bien défendue. Et bien, il suffit d'installer un homme dans le sous-marin et de lui faire piloter ce tas d'explosif, jusqu'à l'objectif !..."

Les britanniques conçoivent une série de sous-marins de poche quatre places appelée "X-CRAFT".

Ils visent les cuirassiers allemands les plus précieux.

En 1943, un bâtiment correspond parfaitement à cette définition : Le Tirpitz, le diamant de la flotte nazie.

Amarré dans l'Alta Fjord en Norvège, ses imposants canons doivent être réduit au silence

    

Le Tirpitz dans le fjord d'Alta  (fr.wikipedia.org)

Cdr Jeff TALL (Royal Navy Submarine Museum)

"Churchill le surnommait "Le monstre", par sa seule existence il représentait une menace en particulier pour les convois de l'arctique. Il n'est jamais sorti contre eux, mais vu sa puissance de feu, sa taille et aussi le symbole qu'il représentait c'est-à-dire la majesté pour le III ème Reich, Churchill voulait le rayer de la carte."

Le 19 septembre 1943, trois X-CRAFT pénètrent dans le Fjord. Pour mener leur mission à bien ils doivent échapper aux mines, aux filets et aux tirs de mitrailleuses, puis passer en dessous du Tirpitz et libérer leur charge latérale. C'est un nouveau combat de David contre Goliath : les sous-marins de poche contre le cuirassier de 44 000 tonnes

Cdr Jeff TALL (Royal Navy Submarine Museum)

"Le X-5 a été coulé à environ un kilomètre et demi de la cible, le X-6 et le X-7 ont réussi à franchir les filets. Les X-CRAFT parviennent a placer une charge explosive d'une tonne sous la salle des machines du cuirassier. Le Tirpitz sera handicapé pour le reste de 1943 et une bonne partie de 1944. "

Le Tirpitz est neutralisé. Le 12 novembre 1944, alors qu'il est en réparation il est de nouveau attaqué par 29 bombardiers Lancaster de la RAF. Trois coups direct de bombes Tallboy (voir nota) de 5400 kg éventrent sa coque, 971 marins allemands trouvent la mort.

Mais en proportion les équipages des X-CRAFT ont été encore plus sévèrement touché

Cdr Jeff TALL (Royal Navy Submarine Museum)

"Il a fallu sacrifier plusieurs dizaines de vies pour détruire le Tirpitz et satisfaire le premier ministre.

- Si ça en valait la peine ?…

- Ça oui alors…"

Nota : La Tallboy était une bombe inventée par Barnes Wallis utilisée par les alliés en 1944. Sa particularité était de pénétrer le sol avant d’exploser (idée de bombe souterraine). Elle pesait cinq tonnes et était lancée depuis les bombardiers Avro Lancaster. Elle était particulièrement performante sur les structures lourdes comme les Blockhaus, là où toutes les bombes plus petites avaient échoué. (source : wikimedia.org).

En dépit de sa taille le X-CRAFT continuera de "boxer" hors de sa catégorie.

Il coule des cuirassiers italiens en méditerranée et joue un rôle crucial lors du débarquement en balisant les plages.

Par conséquent ses performances au combat sont élevées, tout comme le facteur de dissuasion et la furtivité. L'innovation et a durée de service sont moyennes, ce qui permet à ce sous-marin de poche d'obtenir la 6 ème place de notre "top ten".

Les armes nucléaire ont changé la nature de l'art de la guerre.

Lorsque les États-Unis ont été les premiers a appliquer la puissance nucléaire aux sous-marins, c'est toute la stratégie militaire qui a été modifiée

À la 5 ème place, de notre liste on trouve une icône des profondeurs, un sous-marins américain est allé là où aucun autre n'était allé avant lui.

L'USS Nautilus

- Pays d'origine : États-Unis

- Type : sous-marin nucléaire

- Propulsion : 1 réacteur nucléaire S2W PWR

- Armement offensif : 6 tubes lances torpilles avant de 530 mm

- Déplacement en plongée : 4092 tonnes

Dr. Aryeh NUSBACHER (Royal Military Académie Sandhurst)

"On pouvait toujours se consoler en disant que même si un sous-marin était difficile à détecter en immersion, il devait remonter à la surface et recharger ses batteries. Avec le Nautilus cette notion tombait à l'eau."

Au début des années cinquante, la plupart des sous-marin ne peuvent rester que quelques heures en immersion. Mais l'avènement de l'âge nucléaire permet d'envisager une puissance illimitée permettent au sous-marin de rester en immersion des jours, des semaines voire des mois d'affilés

C'est Hyman Rickover directeur du centre de recherche des réacteurs navals qui concrétise cette vision.

Hyman Rickover - (fr.wikipedia.org)

Admiral Rickover inspecting USS Nautilus

Cdr Jeff TALL (Royal Navy Submarine Museum)

"Le défi auquel il s'attaquait, avec son équipe, était celui de développer un réacteur nucléaire suffisamment petit pour tenir dans la coque du sous-marin et de le rendre assez sur pour protéger l'équipage de tous risques potentiels de radiations."

Comme le choc des frappes nucléaires contre le japon est encore frais dans les mémoires, l'opposition est féroce, le potentiel de désastre est dans tous les esprits et Rickover ne progresse qu'avec d'extrêmes précautions

Dr. Gary WEIR (US Naval Historical Centre)

"Il ne faisait aucune concession en ce qui concernait la sécurité, non pas par angélisme mais parce qu'il savait que la moindre erreur serait fatale. Un seul faux pas et la technologie nucléaire serait décrédibiliser à jamais…

Il n'a pas commis ce faux pas."

 

Le Nautilus est inauguré le 21 janvier 1954.

En présence de 15000 personnes, la first Lady, Mamy Eisenhower brise la traditionnelle bouteille de champagne sur sa proue.

Un année plus tard le Nautilus prend la mer en lançant ce message :"En route sur la puissance nucléaire"

Sa rapidité et sa furtivité impressionne, tant son commandant que son équipage

Dr. Gary WEIR (US Naval Historical Centre)

"C'était une voiture de sport, le rêve de tous sous-mariniers. Il n'avait pas de canon de pont, sa surface extérieure était parfaitement hydrodynamique."

Le Nautilus dispose d'une autonomie de 96 000 km, grâce à un morceau d'uranium de la taille d'une balle de golf. Pour parcourir cette distance un sous-marin à moteur diesel aurait eu besoin de 11 000 000 de litres de carburant.

L'Union Soviétique est maintenant à la traîne.

Pour le démontrer le 03 août 1958 le Nautilus signe la première traversée en immersion de l'océan arctique.

Dr. Aryeh NUSBACHER (Royal Military Académie Sandhurst)

"Le fait que le Nautilus commence sa carrière par une traversée de l'arctique en immersion, très bien relayée par les médias, est une démonstration de la puissance atteinte par la marine américaine."

Le Nautilus est le prototype de tous les sous-marins modernes

Son score en innovation est donc élevé, le facteur de dissuasion est excellent , la duré de service, la furtivité et les performances au combat sont bonnes. Ce qui vaut au Nautilus la 5 ème place de notre "top ten".

En 4 ème position se trouve un poids lourd, un bâtiment disposant d'une puissance de feu deux fois supérieur à celle d'un U-boat.

Le sous-marin de classe T

- Pays d'origine : Grande-Bretagne

- Type : sous-marin d'attaque et de patrouille océanique

- Propulsion : 2 moteurs diesels d'une puissance combinée de 5000 cv et 2 moteurs électriques générant 2900 cv

- Armement offensif : 10 tubes lances torpilles de 530 mm et 1 canon de pont de 100 mm.

- Déplacement en plongée : 1560 tonnes

Paul BEAVER (Défence Analist)

Si vous demandez à un sous-marinier britannique, quel le meilleur ou le plus légendaire des sous-marins, il vous répondra : "le classe T".

Le classe T de la Royale Navy a connu une longévité extraordinaire.

Le premier modèle est commandé en 1936 et le dernier n'a été mis à la retraite que 33 ans plus tard.

Les sous-marins de classe T ont luttés contre les forces allemandes. Ils ont remportés de brillantes victoires, mais également subi de terribles pertes dans l'affrontement pour la suprématie maritime entre les Alliés et l'Axe

Dr. Randy PAPADOPOULOS (US Naval Historical Centre)

"Les sous-marins de classe T disposaient d'avantages appréciables par rapport à leurs adversaires. Leur équipage et leur commandant étaient notamment excellents."

Si la qualité de son équipage permet au classe T de distancé ses ennemis, il sait aussi combattre. Il est équipé d'un système de torpilles des plus puissant de tous les sous-marins de la seconde guerre mondiale

Cdr Jeff TALL (Royal Navy Submarine Museum)

"Il compte 10 tubes lance torpilles, 6 internes à l'avant, 2 internes à l'arrière et 2 externes. Belle force de frappe !…"

Le classe T est le tyrannosaure des mers.

Capable de dévoré des prédateurs plus petits.

Sa spécialité : les sous-marins ennemis

Paul BEAVER (Défence Analist)

"De nos jours on dit que la meilleure défense contre un sous-marin est un autre sous-marin. Le classe T en a été le précurseur, car il pouvait attaquer d'autres sous-marins et sortir vainqueur de ces affrontements grâce à la fiabilité de ses torpilles et surtout grâce à ses équipages professionnels et bien entraînés."

Comme tous les sous-marins qui dominent l'océan, le classe T a aussi un énorme impact sur les batailles terrestres.

En 1942 l'Africa Korps de Rommel affronte les troupes de Montgomery en Afrique du nord. Les classes T sillonnent les cotes et détruisent une bonne partie du ravitaillement attendus par Rommel, offrant aux Alliés une victoire décisives

Cdr Jeff TALL (Royal Navy Submarine Museum)

"Sans cette bataille au cours de laquelle la Royal Navy a perdu 47 sous-marins sur 94, il ne fait aucun doute que les allemands auraient atteint Alexandrie et qu'ils se seraient emparés du canal de Suez."

A la fin de la guerre les sous-marins anglais ont coulés ou endommagés 2 000 000 de tonnes de navires, y compris 78 navires de guerre dont 38 sous-marins.

La Royal Navy a également perdu 73 bâtiments et 2000 hommes.

Avec 31 ans de service à son actif, le classe T obtient un score exceptionnel dans cette catégorie. Le facteur de dissuasion et les performances au combat sont élevés. Seul sont médiocre score en innovation, empêche ce gros poissons de monter sur le podium.

En 4 ème position un sous-marin américain réputé pour l'incroyable bravoure de ses commandants et pour sa grande efficacité au combat.

(fr.wikipedia.org)

La classe GATO

- Pays d'origine : États-Unis

- Type : sous-marin d'attaque

- Propulsion : 4 moteurs diesels pour puissance combinée de 5400 cv et 4 moteurs électriques générant 2740 cv

- Armement offensif : 10 tubes lances torpilles de 530 mm - 2 mitrailleuses de calibre 50 - 2 de calibre 30 et 1 canon de pont de 80 mm.

- Déplacement en plongée : 2224 tonnes

Dr. Randy PAPADOPOULOS (US Naval Historical Centre)

"C'est le bâtiment qui a remporté la plus grande campagne de guerre sous-marine de l'histoire."

Mis en service en 1936, la classe Gato est une des plus grande classe de sous-marin de l'US Navy.

Cdr Jeff TALL (Royal Navy Submarine Museum)

"Il était rapide, son autonomie était immense. Il était bien armé, il avait un radar.

Je tire mon chapeau aux américains."

Sous-marin classe Gato(fr.wikipedia.org)

Le terrain de chasse de ce redoutable prédateur était le pacifique.

Sa proie : les navires japonais.

Pendant la seconde guerre mondiale les États-Unis adoptent les tactiques des U-Boote allemands. La marine marchande est une cible de choix et les convois sont attaqués par des groupes où l'on peut compter jusqu'à 20 sous-marins.

Dr. Randy PAPADOPOULOS (US Naval Historical Centre)

"Le danger est énorme lorsque l'US Navy déploie ses sous-marins en meute. Comme ils peuvent jouer de l'élément de surprise et rester en mer plus longtemps que l'ennemi ne s'y attend, ils parviennent a couler beaucoup de cibles très vite et sans trop d'effort."

Les 73 bâtiments de la classe Gato mettent en pièces les lignes de ravitaillement japonaises.

Le Japon a de plus en plus de mal a ravitailler ses troupes assiégées.

Dr. Aryeh NUSBACHER (Royal Military Académie Sandhurst)

"Lorsque les japonais essais de conserver Guadalcanal, ils n'ont plus aucun ravitaillement, à cause de la menace que représente la flotte américaine du pacifique."

Une grande part de ce succès ait du à une poignée de commandants aussi habiles qu'intrépides.

Des hommes tel que le capitaine de frégate Dudley Mush Morton, réputé pour être une meute à lui tout seul, son sous-marin l'USS Wahoo, a coulé 19 navires ennemis et 55 000 tonnes de marchandise.

               

Capitaine de frégate Dudley Mush Morton - USS Wahoo (SS-238)  (fr.wikipedia.org)

Les bâtiments de classe Gato enverront plus 1 700 000 tonnes de navires par le fond.

Ce total déjà impressionnant aurait pu l'être encore plus.

De temps en temps des torpilles américaines n'explosent pas lors de l'impact.

Mais l'accident que les équipages de sous-marins "Gato" redoutent le plus est le circuit circulaire.

Dr. Gary WEIR (US Naval Historical Centre

"La torpille revenait sur le sous-marin plutôt que de se diriger vers sa cible. Plusieurs sous-marins ont été perdus à cause de ce sabordage involontaire."

Petit à petit les problèmes de torpilles sont résolus.

A la fin de la campagne du pacifique, la flotte sous-marine américaine a détruit 30% de la marine japonaise et plus de 60% de la flotte marchande

Les sous-marins de classe Gato ont une remarquable performance en combat et un facteur de dissuasion élevé. L'Innovation et la durée de service sont bonnes, mais la furtivité est moyenne.

La classe Gato monte sur la 3 ème marche du podium

En 2 ème place, un bâtiment de plusieurs milliard de dollars, doté des technologies les plus modernes.

 (fr.wikipedia.org)    

Le sous-marin de classe SEAWOLF

- Pays d'origine : États-Unis

- Type : sous-marin nucléaire d'attaque

- Propulsion : 1 réacteur nucléaire PWR S6W Général Électric

- Armement offensif : 8 tubes lances torpilles de 660 mm et 12 tubes de lancement de Tomawak TLAM-N

- Déplacement en plongée : 9150 tonnes.

La guerre froide est le cadre d'un dangereux jeu de cache-cache entre les sous-marins de chasse américains et la flotte nucléaire russe.

Mais l'USS Navy coure de plus en plus souvent après des ombres. La furtivités des sous-marins russes ne cesse de s'améliorer.

Pour contrer cela, les États-Unis vont dépenser 13 milliards de dollars pour créer une nouvelle classe "d'assassins silencieux".

Dr. Aryeh NUSBACHER (Royal Military Académie Sandhurst)

"Grâce au Seawolf, les sous-marins soviétiques pouvaient être détruit sans rien voir venir."

Mis en service en juillet 1997, le Seawolf est le premier sous-marin d'attaque américains entièrement nouveau depuis les années 70.

Mortellement silencieux, c'est un bâtiment lourdement armé et équipé d'un système informatique à même de gérer toutes les situations.

La mission première des Seawolf est de détruire les sous-marins russe lanceurs d'engins avant qu'ils ne puissent attaquer des cibles américaines.

Mais lorsque le Seawolf entre enfin en service la guerre froide est terminée depuis longtemps.

 

Le Seawolf - SSN 21     (fr.wikipedia.org)                 Le Jimmy Carter - SSN 23  (fr.wikipedia.org)    

Dr. Aryeh NUSBACHER (Royal Military Académie Sandhurst)

"Que faire avec ce sous-marin multifonction capable d'être inaudible et invisible et de démolir les sous-marins russe… lorsqu'il ne reste plus de sous-marin russe ?… Il faut lui trouver d'autres missions."

A l'aide de technologies d'espionnage ultramodernes, le Seawolf devient partie intégrante du champ de bataille moderne en espionnant électroniquement l'ennemi, en toute sécurité.

Mais il peut jouer un rôle significatif dans les batailles terrestres.

Dr. Randy PAPADOPOULOS (US Naval Historical Centre)

"Leur gamme d'armement est très large, ils disposent entre autre du missile Tomawak, qui leur permet de détruire des cibles loin à l'intérieur des terres."

Les Seawolf servent également de transport de troupes en opération.

Ils peuvent amener les Navy Seal au cœur des zones de combat les plus brûlantes.

En 2004 est apparu une nouvelle génération de sous-marins américains la classe Virginia.

Conçue pour le XXI ème siècle, elle a repris les meilleurs caractéristiques du Seawolf, pour un coût moindre

 Le Virginia - SSN 774   (fr.wikipedia.org)    

Paul BEAVER (Défence Analist)

"Le sous-marin de demain sera un chasseur -tueur équipé de missiles balistiques de croisière.

Le Seawolf sera vu comme le prototype de cette génération.

C'est vraiment un superbe sous-marin."

Le Seawolf obtient de très bon score pour l'innovation et la furtivité. Les performances au combat sont bonnes, tout comme le facteur de dissuasion. Mais l'arrivée d'une nouvelle classe de sous-marin coûte chère en durée de service, ce qui lui vaut la 2 ème place de notre "top ten".

L'énergie nucléaire a permis de faire un bond de géant dans les domaines de l'efficacité et du potentiel de destruction, mais la première place de notre classement revient à un bâtiment conventionnel qui a manqué de peu de changer le cours du plus grand conflit de l'histoire.

Il est difficile de croire qu'une classe d'arme ait failli faire basculer l'histoire à elle toute seule.

Pourtant c'est un exploit que le vainqueur de notre classement a bien failli réaliser.

En première place, le meilleur d'entre tous, une classe de sous-marin qui a générer des commandants légendaires et qui a failli donner à l'Allemagne une victoire décisive dans la seconde guerre mondiale.

Le U-boot de type VII

- Pays d'origine : Allemagne

- Type : sous-marin d'attaque à moyen rayon d'action

- Propulsion : 4 moteurs diesels pour un total de 3200 cv et 2 moteurs électriques d'une puissance générant de 750 cv

- Armement offensif : 5 tubes lance torpille de 530 mm, et un 1 canon de pont de 88 mm

- Déplacement en plongée : 857 tonnes.

Dr. Randy PAPADOPOULOS (US Naval Historical Centre)

"Le U-boot de type VII est sans aucun doute possible le sous-marin le plus important de la seconde guerre mondiale. Il défie les deux marines les plus puissantes du monde et il parvient a couler des millions de tonnes de leur navires marchands ainsi que des bâtiments de guerre par dizaine."

Le type VII est la force principale de la flotte sous-marine allemande.

Construit à plus de 700 exemplaires, c'est la plus grande classe de sous-marin jamais produit.

 

Dr. Klaus SCHMIDER (Royal Military Académy Sandhurst).

"Le type VII comprenait beaucoup d'amélioration : une profondeur maximale plus importante, d'excellents hydrophones, un armement fiable et une vitesse de plongée extrêmement élevée. Bien manœuvré un type VII peut disparaître de la surface de la mer en 20 secondes."

Immersion rapide, petit format et manoeuvrabilité, c'est trois facteurs offrent au type VII la qualité recherché par tous les sous-marins : la furtivité.

 

Günther PRIEN

Le 14 octobre 1939, le commandant Günther PRIEN, au risque d'échouer son bâtiment sur les hauts fonds, de se faire piéger par les courants ou de se faire détecter par l'ennemi, parvient à pénétrer à l'intérieur de la rade de Scapa Flow dans les îles Orades, l'une des bases de la Royal Navy. Grâce à trois torpilles, il coule le cuirassier HMS Royal Oak avant de ressortir indemne.

Günther Prien, le Taureau de Scapa Flow.

Derrière lui on retrouve un jeune loup : Otto Kretschmer.

Günther Prien à Kiel le 5 Juillet 1940 dans le kiosque de son U-47.

(Source : mapage.noos.fr/sub-scope)

"Laissons maintenant la parole à Günther Prien lui-même, car s'il n'a pas eu le temps d'écrire ses mémoires, son journal de bord lui a survécu :

- 13.10.39 C'est une nuit féerique. A terre, tout est sombre, mais l'aurore boréale scintille très haut dans le ciel, de sorte que la baie, entourée par des montagnes assez hautes, est éclairée directement par en haut. Les bateaux coulés dans le Sound prennent l'aspect fantomatique de coulisses de théâtre. Je suis récompensé d'avoir longuement étudié la carte, car la pénétration s'effectue à une vitesse incroyable. Entre-temps, j'ai décidé de passer les épaves par le nord. Gouvernant au 270, je dépasse la goélette à deux mats qui gît au 315 ; espace plus que suffisant. La minute d'après, le courant nous fait abattre sur la droite. Simultanément, j'aperçois la chaîne du bloqueur nord à 45 degrés de l'avant. Stoppé le moteur de bâbord, moteur tribord en avant lente, barre toute à gauche. Nous touchons légèrement le fond. L'arrière effleure la chaîne, le bâtiment se dégage, il est rejeté à gauche puis reprend sa route par des manœuvres rapides et difficiles mais nous sommes à Scapa Flow.

- 14.10.39. 00h27 La clarté est écœurante. Toute la baie est éclairée. Rien au sud de Cava. J'avance plus loin. A gauche, je reconnais le garde-côte Hoxa Sound auquel le sous-marin se présente comme cible dans les quelques minutes suivantes. Dans ce cas, tout serait perdu. Pour le moment, aucun navire n'est aperçu au sud de Cava malgré l'excellente visibilité. Je prends donc mes décisions.

- 00h55 Il n'y a pas de navires au sud de Cava ; avant de tout miser sur un succès il faut prendre toutes les précautions possibles. En conséquence, nous virons sur la gauche. Nous remontons vers le nord en suivant la côte. Deux cuirassés sont au mouillage ; des destroyers plus loin vers la terre. Pas de croiseurs en vue. Je vais donc attaquer les grosses bailles. Distance : 3000 mètres ; fond estimé : 7,5 mètres. Mise à feu par percussion.

- 01h16 (?00h59) Une torpille lancée sur le bâtiment nord, deux sur celui du sud. Après trois bonnes minutes et demie, une torpille explose sur le bâtiment nord ; les deux autres ne donnent rien. Demi-tour.

- 01h21(?01h23) Torpille lancée par l'arrière ; à l'avant, deux tubes sont rechargés ; trois torpilles lancées de l'avant. Au bout de trois minutes de tension, détonations sur le navire le plus rapproché. Forte explosion, grondements et roulements. Puis des gerbes d'eau suivies de colonnes de flammes, des éclats volent en l'air. Le port s'anime. Des destroyers éclairent, des signaux s'échangent de tous cotés, à terre, à 200 mètres de moi, on entend vrombir des voitures. Un cuirassé a été coulé, un autre endommagé, et trois autres torpilles ont été perdues. Tous les tubes sont vides. Je décide de me retirer parce que :

1° Je ne peux pas attaquer au périscope, en plongée (voir expérience à l'entrée).

2° par une nuit aussi claire je ne peux manœuvrer en surface, par mer calme, sans être repéré.

3° Je dois supposer que j'ai été vu par le chauffeur d'une voiture qui a stoppé à ma hauteur, a fait demi-tour, puis foncé à toute vitesse vers Scapa.

4° Je ne peux pas remonter plus au nord parce que là, cachés à ma vue, se trouvent les destroyers qui étaient auparavant faiblement discernables.

- 01h28 Nous nous retirons avec les moteurs à toute puissance. Tout est très simple jusqu'au moment où nous atteignons Skyldaenoy Point. Là, nous avons des ennuis. C'est marée basse, nous avons le courant contre nous. J'essaie de m'échapper en réduisant le régime des moteurs : en avant lente et très lente. Je dois franchir le passage au sud à cause de la profondeur de l'eau. Les choses redeviennent difficiles. Cap : 058, en avant lente- vitesse 10 nœuds. Je n'avance pas ; en augmentant le régime des moteurs, je double le bloqueur du sud avec un espace extrêmement juste. L'homme de barre s'en tire magnifiquement. Les deux moteurs en avant toute, finalement 3/4 de puissance, puis de nouveau en avant toute. Nous dépassons les bloqueurs - une jetée droit devant ! La barre toute et, à 02h15 nous nous retrouvons dehors. Dommage d'en avoir coulé qu'un, je pense que les torpilles ont manqué à cause d'erreurs d'estimation de la route, de la vitesse et de la dérive. Un raté au tube 4. L'équipage s'est comporté d'une façon splendide durant toute l'opération".

¨ (Cité par Alexandre Korganoff - Le mystère de Scapa Flow - Arthaud, Paris. 1969 pp206-208)

"Dés le 14 octobre, à 11 heures, la BBC annonce que le cuirassé Royal Oak a été coulé à Scapa Flow, probablement par un sous-marin. Le 17, Prien arrive à Wilhemshaven et rend compte à Dœnitz en ces termes:"Ai pu entrer et sortir par le Holm Sound, non sans de très grosses difficultés. Très peu de place entre les bateaux coulés, ressac très fort, 10 nœuds de courant sur le nez à la sortie. Pas de surveillance devant le Holm Sound. Repulse et Royal Oak seuls présents à Scapa. A la première présentation, un coup au but à l'avant du Repulse. A la seconde, peu après, trois coups au but sur le Royal Oak. Le cuirassé vole en l'air en quelques secondes. Manœuvré aussitôt pour sortir. Après avoir franchit le Holm Sound, observé des recherches très actives sur la rade de Scapa, avec lancement de grenades sous-marines. Très forte aurore boréale, montant jusqu'au zénith, jetant une clarté fort gênante."

 

(members.aol.com/_ht_a/cmcastours/SCAPA.htm)

Cdr Jeff TALL (Royal Navy Submarine Museum)

"Churchill lui-même eu des mots d'admiration pour ce qu'il considérait comme un incroyable exploit. En un sens cet événement a marqué le coup d'envoi de la guerre sous-marine."

Amiral Karl Dœnitz (fr.wikipedia.org)

L'Amiral Karl Dœnitz persuadé que les U-Boote peuvent anéantir les Alliés lance ses types VII sillonner les mers. Il communique avec ses bâtiments pour les regrouper en meute, des groupes pouvant compter jusqu'à 20 sous-marins qui chassent les convois de navires marchands.

Cette tactique fonctionne à merveille et les commandants de U-Boote sont considérés comme des héros en Allemagne.

        

Erich Topp  (fr.wikipedia.org)                       

Erich Topp était l'un de ces officiers d'élite. Son bâtiment le U-552 (Type VIIC) était surnommé "le diable rouge".

En mars et avril 42 il coule huit navires pour un total de 45 731 tonnes. Un exploit qui lui vaut la reconnaissance du Führer en personne.

Le U-552 (Type VIIC) "le diable rouge" 

Cdr Jeff TALL (Royal Navy Submarine Museum)

"Sous ses ordres son équipage se sentait invincible, il l'aurait suivi jusqu'aux portes de l'enfer, ce qui a été le cas à plusieurs reprises."

Les cinq meilleurs U-Boot de type VII ont coulés 221 navires à eux seuls, soit plus d'un million de tonnes envoyé par le fond, privant ainsi les Alliés d'hommes, de matériels et surtout d'espoir quant à la libération de l'Europe.

Dr. Aryeh NUSBACHER (Royal Military Académie Sandhurst)

"Churchill a dit un jour, que la seule chose qui l'empêchait de dormir était le souci causé par les U-Boote qui coupait la Grande Bretagne de son empire et des États Unis. Il avait parfaitement raison."

 

Mais en 1943, le règne de terreur des U-Boote touche à sa fin.

Lors de la conférence de Casablanca les dirigeants Alliés décident de mettre un terme à la menace représentée par les sous-marins. Des convois de protection sillonnent l'atlantique et les Britanniques parviennent a casser le décryptage de la machine Énigma, ce qui leur permet de déchiffrer les ordres envoyés aux U-Boote.

Alors qu'ils étaient les chasseurs les U-Boote deviennent les proies.

Dr. Randy PAPADOPOULOS (US Naval Historical Centre)

"A l'exception des kamikazes japonais les sous-marins ont connus le taux de perte le plus élevé de la seconde guerre mondiale. En ce qui concerne les U-Boote ces pertes sont gigantesques."

Les U-Boote gagne un nouveau surnom "les cercueils de fer".

Mais malgré les pertes subies le U-Boot de type VII reste l'une des armes les plus capitales de la seconde guerre mondiale.

En cinq ans de combat intense, ils ont coulés 2279 bâtiments soit 14,1 millions de tonnes.

Dr. Randy PAPADOPOULOS (US Naval Historical Centre)

"Le type VII a coulé davantage de navires marchands ennemis que n'importe quel autre sous-marin pendant la seconde guerre mondiale. Il a aussi subit le plus de perte mais il a causé une peur intense parmi toute les nations Alliés pendant ces années de service."

L'U-Boot de type VII domine notre classement comme il a dominé les océans pendant les premières années du conflit. Il obtient la note maximale en facteur de dissuasion et en performances au combat. L'Innovation est excellente tout comme la furtivité et la durée de service. Ce qui offre à cette légende allemande la première place de notre classement.

Malgré la rude concurrence de sous-marin coûtant plusieurs milliards de dollars et capable d'anéantir des villes entières, le type VII remporte la médaille d'or.

Ces équipages ont fait preuve d'une endurance hors du commun. Le bâtiment en lui-même était un assassin sous-marin sans pitié et ses commandants sont entrés dans l'histoire comme les maîtres géniaux et maudits de la guerre sous-marine.

Le type VII est vraiment le meilleur parmi les meilleurs.

Jean-Marie BUON - Septembre 2008

(Source d'origine : National Géographic Channel - Discovery)




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